mars 24th, 2008 by ii-chan

Apprendre le japonais, lorsqu’on naît japonais, ça commence par beaucoup de mots très doux, très rigolos, des mots comme des bébés-mots, pleins de la mémoire du corps et des cinq sens, des mots qu’on utilisera toute sa vie, des mots musicaux et ludiques, et pourtant si précis.
Petit lexique
(les « r » se prononcent « l », les « g », « gu », les « s », « ss », les « u » sont presque comme des « ou »)
Sawa-sawa : le bruit du vent qui effleure ou fait frissonner quelque chose de léger
Sara-sara : pour quelque chose de lisse et soyeux
Koso-koso : lorsqu’on fait quelque chose en douce, sans faire de bruit
Kira-kira : un scintillement doux, comme celui des étoiles
Pika-pika : ce qui est flambant neuf, étincelant de propreté, rutilant
Kyoro-kyoro : regarder de tous les côtés à la recherche de quelque chose
Buka-buka : lorsqu’un vêtement est trop large, trop ample, trop bouffant
Muka-muka : lorsqu’on est barbouillé, mal fichu, pas bien
Pota-pota : le bruit de très grosses gouttes de pluie tombant sur l’eau
Boki-boki : le bruit de quelque chose d’un peu coincé ou rouillé qui lâche d’un seul coup (comme le bruit de certaines rotules mal échauffées dans un certain cours de danse classique…)
Poka-poka : lorsqu’il fait bien chaud
Puru-puru : lorsqu’on tremble de froid jusque dans ses os
Yura-yura : quelque chose de souple et fluide qui se balance, qui ondule, comme des branches dans le vent ou comme certaines danses hawaïennes
…et bien d’autres encore…
D’après l’ouvrage collectif Giongo Gitaigo Jisho, Pie Books, ISBN4-89444-366-X, un dictionnaire de plus à venir s’échouer sur nos étagères.


Continue Reading »
Share This
Posted in Les pages d'ii-chan | 11 Comments »
décembre 8th, 2007 by ii-chan

Petit voyage éclair, toute seule d’un point à l’autre comme au bon vieux temps, celui des nuits blanches à étudier in extremis, des amis les plus disparates et les plus passionnants, des angoisses à se demander ce qu’on va bien pouvoir faire de toute cette vie devant soi. Pas de piou-piou dans les jambes, pas d’amoureux non plus, juste soi, comme une grande, à ne plus trop savoir quoi faire de soi-même après tant d’années. En même temps quel luxe, quelle paix, quel vertige de pouvoir aller se promener quelques jours, avant de rentrer tranquillement au bercail, les poches et la tête plus légères.
(Illustration : remerciements à la Boutique S O I, 3-25-11 Nishi-Asakusa, Taito-ku, Tokyo)
Continue Reading »
Share This
Posted in Les pages d'ii-chan | 6 Comments »
juin 7th, 2007 by ii-chan

Une petite pierre rugueuse et chaude dans la main,
Un sympathique rayon de soleil,
Une bonne petite brise de mer,
Et du sable plein le sandwich :
Du Zen dans l’art d’occuper les titis le mercredi.
Continue Reading »
Share This
Posted in Les pages d'ii-chan | 2 Comments »
juin 3rd, 2007 by ii-chan


Quelquefois, quand il pleut vraiment depuis trop longtemps et qu’on a vraiment besoin que ça s’arrête pour pouvoir aller faire un tour, on est bien obligé de passer à l’action. Parce que comme dirait l’autre : « Si ça continue, faudra que ça cesse ». Alors on fabrique un petit TeruTeruBôzu avec des mouchoirs en papier (ici, exceptionnellement, pour Pénélope, il est en lin et en Liberty) ; on peut en faire toute une ribambelle avec des visages de toutes sortes; ensuite on les accroche à la fenêtre et on chante une comptine de circonstances (pas d’équivalent connu à l’original japonais) qui va avec, et on attend de voir… Même si ça ne marche pas, on aura au moins oublié la pluie pendant un petit moment.

Sometimes, when it has been raining for too long and we seriously need to get out at last, rain just has got to stop. So here is what we do: with tissue papers, we make ghost-like puppets called TeruTeruBozu (because this is Penelope’s website, no other choice but to use linen and Liberty fabric, of course). You can just make a whole bunch of them, with all kinds of different faces; then you fix it to the window and sing an appropriate song (the Japanese one just has no known equivalent in English). Then wait and see… It might or might not work. In the meantime, the kids will have at least forgotten about the rain for a while.
Continue Reading »
Share This
Posted in Les pages d'ii-chan | 2 Comments »
juin 1st, 2007 by ii-chan

Lauréate du Grand Prix du Festival de Cannes pour « La Forêt de Mogari », la cinéaste japonaise Naomi Kawase décrit ainsi la genèse de son film :
« J’ai été élevée par des gens beaucoup plus âgés que moi puisque j’ai été élevée par ma grand-tante, et j’avais donc deux générations de décalage avec elle. C’est elle qui m’a appris à respecter le soleil, le feu, la nourriture. J’ai été élevée dans cette relation mystique avec la nature et avec ce qui m’environnait. Je devais aussi respecter tout ce qui est transmis de génération en génération. C’est un peu le fruit de mon expérience personnelle et c’est ce qui m’a construite. (…)
« Dans une vie, il y a beaucoup de difficultés, (…) il y a beaucoup de choses qui vous font hésiter ou trébucher sur le chemin. Je crois, à ce moment, qu’on cherche quelque chose au fond de soi qui peut nous redonner de la confiance et de la force. On essaie de se trouver des forces – je ne parle pas d’argent, de voitures ou de vêtements – ce n’est pas forcément quelque chose de visible. Ça peut être le vent, la lumière, le souvenir des Anciens. Et quand on trouve ce point d’appui dans le monde, on peut être tout seul et continuer. (…) Ce monde est formidable ».
Il s’agit peut-être un film d’auteur peu distribué au Japon comme en France, mais en attendant, on savoure ces mots si déplacés et rafraîchissants dans une enceinte comme celle de Cannes.
Bande-annonce disponible sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=ehnx1C6VHDI
With « Mogari no Mori » (« The Mourning Forest »), Japanese director Naomi Kawase was awarded the Grand Prix at Cannes Film Festival. About the genesis of her film, she says :
« I was raised by people who were far older than I, because my great-aunt is the person who raised me. I was thus two generations younger than she. She’s the one who taught me to respect the sun, fire, and food. I was raised in a mystical relationship with nature and everything around me. I was also supposed to respect everything that is transmitted from generation to generation. In a way, this is the fruit of my personal experience, and this is what structured me. » (…)
« In a life, you also encounter many difficulties (…) ; there are many things that make you hesitate or stumble on your path. At those moments, I believe, you look for something deep within that can restore your confidence and strength. You try to find strengths – and I don’t mean money, cars, or clothing – it’s not necessarily something visible. It can be the wind, the light, the memory of the Ancients which gives us their strength. And when you find that foothold in the world, you can be all alone and go on. (…) This is a wonderful world. »
This might turn out to be an underground independent movie, scarcely released in Japan as in France; still, we very much enjoyed such nicely unexpected and refreshing words in a festival like Cannes.
Trailer this way : http://www.youtube.com/watch?v=ehnx1C6VHDI
Continue Reading »
Share This
Posted in Les pages d'ii-chan | 1 Comment »