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Onomatopées

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Apprendre le japonais, lorsqu’on naît japonais, ça commence par beaucoup de mots très doux, très rigolos, des mots comme des bébés-mots, pleins de la mémoire du corps et des cinq sens, des mots qu’on utilisera toute sa vie, des mots musicaux et ludiques, et pourtant si précis.

Petit lexique
(les « r » se prononcent « l », les « g », « gu », les « s », « ss », les « u » sont presque comme des « ou »)
Sawa-sawa : le bruit du vent qui effleure ou fait frissonner quelque chose de léger
Sara-sara : pour quelque chose de lisse et soyeux
Koso-koso : lorsqu’on fait quelque chose en douce, sans faire de bruit
Kira-kira : un scintillement doux, comme celui des étoiles
Pika-pika : ce qui est flambant neuf, étincelant de propreté, rutilant
Kyoro-kyoro : regarder de tous les côtés à la recherche de quelque chose
Buka-buka : lorsqu’un vêtement est trop large, trop ample, trop bouffant
Muka-muka : lorsqu’on est barbouillé, mal fichu, pas bien
Pota-pota : le bruit de très grosses gouttes de pluie tombant sur l’eau
Boki-boki : le bruit de quelque chose d’un peu coincé ou rouillé qui lâche d’un seul coup (comme le bruit de certaines rotules mal échauffées dans un certain cours de danse classique…)
Poka-poka : lorsqu’il fait bien chaud
Puru-puru : lorsqu’on tremble de froid jusque dans ses os
Yura-yura : quelque chose de souple et fluide qui se balance, qui ondule, comme des branches dans le vent ou comme certaines danses hawaïennes
…et bien d’autres encore…

D’après l’ouvrage collectif Giongo Gitaigo Jisho, Pie Books, ISBN4-89444-366-X, un dictionnaire de plus à venir s’échouer sur nos étagères.

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En vrac

Avant de reprendre l’avion, quelques photos prises à la va-vite, juste pour Pénélope et consoeurs, un peu dans le désordre…

…Des rues de Tokyo (voir Sofia Coppola, qui filme ça bien mieux)…
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…Du ‘Barneys New York’, qui crée des vitrines comme personne, et où on n’aurait pas été surprise de trouver une des poupées de Pénélope, sauf qu’ils n’ont pas de rayon enfant (!)
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…Du petit déjeuner traditionnel dans un onsen (sources d’eau chaude) de Hakone (dans la montagne à une heure de Tokyo)…
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…avec port du yukata (kimono de coton) obligatoire…
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…et décoration à l’ancienne (tatamis, fusuma, shoji, etc.)…
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…et de la vaisselle bleue et blanche comme on l’aime…
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Tadaima*

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Au bout du voyage, une fois la porte franchie, les valises posées et les pieds enfin nus, il y a cela : une cavalcade dans un couloir au parquet glissant, un bruit de baies qui coulissent en grand et à perte de vue le voilà : l’océan Pacifique, avec le Fuji à droite et l’île d’Enoshima à gauche. C’est là que je sais qu’on est bien arrivés, qu’on pourrait toujours aller plus loin évidemment, mais qu’en attendant, ici, on est à la maison.

(*Tadaima : I’m home)

Paris Tokyo Paris

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Petit voyage éclair, toute seule d’un point à l’autre comme au bon vieux temps, celui des nuits blanches à étudier in extremis, des amis les plus disparates et les plus passionnants, des angoisses à se demander ce qu’on va bien pouvoir faire de toute cette vie devant soi. Pas de piou-piou dans les jambes, pas d’amoureux non plus, juste soi, comme une grande, à ne plus trop savoir quoi faire de soi-même après tant d’années. En même temps quel luxe, quelle paix, quel vertige de pouvoir aller se promener quelques jours, avant de rentrer tranquillement au bercail, les poches et la tête plus légères.

(Illustration : remerciements à la Boutique S O I, 3-25-11 Nishi-Asakusa, Taito-ku, Tokyo)

Madadayo

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Papiers, tissus, sables, etc… Autant de supports pour gribouiller, griffer, sculpter, collectionner de petits bouts de vie fugaces, en forme de dentelles de feuillages et d’ombres, de traces de pattes vagabondes, d’algues qui se prennent pour des ikebana, de poissons circonspects, deci delà, d’un pays à l’autre, d’un banc de sable à un autre. Une vie qui ressemble à un drôle de patchwork, et peut-être pas encore vraiment à grand-chose. Sûrement, quand on sera une vieille mamie, une belle pomme toute pleine de rides, et qu’on verra cela d’un peu plus haut, tout finira par avoir un sens.

Sorry, English version coming up soon. Work in progress.

(Madadayo : pas encore, plus tard, attends)

Halloween

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Pas fana des toiles d’araignées et des balais de sorcières, on profite lâchement de l’occasion pour faire une razzia chez le chocolatier du coin et on se console avec ces délicieuses citrouilles au chocolat.

I am not so crazy about cobwebs and witches, but how could I miss such an excellent excuse to run to the best “chocolatier” in town (pardon my French). Let’s eat some delicious chocolate pumpkin and forget about monsters!

So, Happy Halloween!

Tutto il meglio è già qui

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C’est Paolo Conte qui le dit : tout le meilleur est déjà ici.
A voir ces deux puces perdues dans leur conversation, on n’en doute pas une seconde.

Cyrano

Une histoire de gros nez, pleine de coquelicots, d’ombelles, de kimonos et d’apartés rigolos comme cela: “Un fâcheux est quelqu’un d’extrêmement énervant, tellement énervant qu’on finit toujours par se fâcher avec lui. Un fâcheux est beaucoup plus énervant qu’un disputeux ou qu’un chamailleux”. D’après Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand, raconté par Taï-Marc Le Thanh, génialement illustré par Rébecca Dautremer, dont on a adoré les autres albums sur les Princesses et les Amoureux (ISBN 2013911289).

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Happy…

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as in Happy to see you…

Peut-être pas une artiste, mais on sait s’occuper sur une plage!

Not quite an artist, but I sure know how to get busy on the beach!

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Entre une belle-maman qui l’a étudié pendant si longtemps et un mari chez qui cela déclenche les pires fous rires, je cultive mon syndrome de Champollion avec ces partitions de Nô chinées au marché aux puces derrière le Meiji Shrine. Toutes fanées, légères et transparentes comme des plumes, qu’est-ce que je ne donnerais pas pour passer de l’autre côté et y voir un peu plus clair. En attendant, l’élégance de cette écriture, c’est d’arriver à me faire oublier mon ignorance.

Between a mother-in-law who used to study it for so long, and a husband who gets the worse laughing attacks out of it, I get so happy just browsing through those No partitions, found at a flea market, a few streets away from the Meiji Shrine. All wrinkled, light and transparent as feathers, I would give anything to be able to read it. But the beauty of it just makes me forget how ignorant I am.

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